Le mot-clé « rgaa » pèse 8 100 recherches par mois en France, concurrence faible, indice 27. C'est le plus gros volume que ce blog ait pris pour cible, mais de peu : il devance « erreur 404 » et ses 6 600 recherches mensuelles d'environ un quart, et laisse plus loin « backlink » à 2 400 et « core web vitals » à 1 000. Autour, « wcag », le sigle des Web Content Accessibility Guidelines dont le RGAA est la déclinaison française, à 1 900, « aria-label » à 720, « accessibilité web » à 320, « european accessibility act » à 260, « audit accessibilité » à 210 pour un CPC de 16,89 EUR.
Ce trafic se dirige vers une question juridique. Le RGAA, pour Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité, est le texte qui rend l'accessibilité opposable en France, ses 106 critères servent à produire une déclaration de conformité, et l'immense majorité des pages qui en parlent expliquent une obligation. Personne ne demande ce que ces 106 critères changent pour un robot qui vient lire la page pour en tirer une réponse.
J'ai déjà croisé le sujet. En mesurant les Core Web Vitals face aux moteurs génératifs le 14 septembre, j'avais relevé dans la documentation de Lighthouse une phrase qui traînait sans commentaire et j'en avais tiré une recommandation d'un paragraphe : traiter l'arbre d'accessibilité comme un livrable. Cet article est le développement de ce paragraphe, et il répond à la question que j'avais laissée ouverte. Laquelle de ces 106 obligations déplace réellement quelque chose du côté des machines ? La réponse tient dans un tri que j'ai fait critère par critère le 16 septembre 2026, et elle n'est ni « toutes » ni « aucune ».
Ce que la SERP « rgaa » raconte
Relevé du 16 septembre 2026, Google France, requête « rgaa ». Six résultats organiques, un Aperçu IA, quatre questions associées, un panneau de connaissances alimenté par Wikipédia.
Le corpus est institutionnel à un degré que je n'avais jamais vu sur ce blog. Rang 1, accessibilite.numerique.gouv.fr, le site officiel du référentiel, avec cinq liens de site vers ses propres sections. Rang 2, le glossaire de Mon Parcours Handicap, un autre domaine en gouv.fr. Rang 3, le centre de ressources CRN Handicap. Rang 4, DesignGouv, daté du 18 février 2021. Rang 5, une page professionnelle du tourisme en Occitanie. Rang 6, une seconde page de numerique.gouv.fr. Le compte exact est donc de quatre pages d'État, un centre de ressources associatif et un organisme de tourisme régional.
L'Aperçu IA qui surmonte cette SERP cite dix références. Il reprend les rangs 1, 2, 3, 4 et 5, y ajoute une sous-page de méthode du site officiel, une page de info.gouv.fr, l'article Wikipédia, une définition du lexique de l'éditeur de logiciel Dendreo et une vidéo YouTube. La divergence est nette dans les deux sens : quatre sources citées ne figurent pas dans les six premiers résultats, et le rang 6 est la seule page classée que l'Aperçu IA ignore.
Un mot sur info.gouv.fr, parce que la prudence s'impose. Cette page m'a répondu 403 quand je l'ai demandée, et j'ai failli en faire une observation. Elle répond aussi 403 à un Chrome ordinaire depuis la même adresse : c'est un filtrage réseau lié à mon IP de sortie, pas une décision éditoriale contre les robots. Elle est d'ailleurs citée par l'Aperçu IA, donc Google y accède très bien.
Sur le fond, le trou éditorial est franc. Ces pages définissent le référentiel, listent les obligations, expliquent la déclaration de conformité. Aucune ne dit un mot du versant génératif. La requête « accessibilité web », 320 recherches mensuelles, donne un corpus un peu plus large, avec le W3C, Wikipédia, un prestataire de paiement, une agence spécialisée et un éditeur d'outil de mise en conformité, et le constat est identique.
La documentation de Google sur le sujet fait quatre-vingt-neuf mots
Lighthouse 13.4.0 note désormais les pages dans une catégorie Agentic Browsing, la navigation par des agents, à côté de Performance, Accessibilité, Bonnes pratiques et SEO. Cette catégorie possède une page de documentation dédiée à l'accessibilité, agentic-browsing/accessibility-for-agents, mise à jour le 5 mai 2026.
Cette page fait 581 caractères de prose utile, soit 89 mots et cinq phrases. C'est l'intégralité de ce que Google publie sur l'accessibilité destinée aux agents. Elle contient zéro occurrence de « WCAG », zéro de « RGAA », zéro de « citation », zéro de « search ». La voici presque entièrement, parce qu'elle est plus courte que le paragraphe qui la commente :
« While accessibility standards are written for humans, many of the design principles are also helpful for agents that want to understand your website. Agents review the accessibility tree to identify interactive elements. »
Puis, sur les libellés manquants : « missing labels can block users with visual disabilities and agents from completing a task ». Et pour finir, l'outil : « The Lighthouse audit can help you verify that your page has a complete accessibility tree ».
La page mère de la catégorie est plus directive. C'est d'elle que vient la phrase que j'avais relevée le 14 septembre, « Agents rely on the accessibility tree as their primary data model », et elle nomme les trois contrôles qu'elle retient pour la machine : Names and labels, « ensuring every interactive element has a programmatic name », Tree integrity, « verifying that roles and parent-child relationships are valid », et Visibility, « confirming that content is not hidden from the accessibility tree while being interactive ». Elle prévient ailleurs qu'un changement de taille ou de complexité du DOM modifie la structure de l'arbre, « which is a core metric for agentic navigation ».
Deux choses méritent d'être retenues de cette lecture. La première est que Google énonce lui-même le cadre de cet article : les normes d'accessibilité sont écrites pour des humains, et une partie seulement de leurs principes sert aux agents. La seconde est que « une partie seulement » n'est pas chiffrée nulle part. C'est ce chiffre que je suis allé chercher.
Trente-six cases, un seul mot trouvé, et c'est un lien de menu
Avant de trier le RGAA, il faut savoir ce que les éditeurs de robots disent du sujet. J'ai pris les quatre documents qui expliquent aux propriétaires de sites comment leurs robots lisent les pages : les fonctionnalités IA de Google Search Central, la page des robots d'OpenAI, celle de Perplexity, celle d'Anthropic. J'y ai compté neuf termes du vocabulaire de l'accessibilité, corps de page puis page entière avec les menus.
Sur les quatre documents multipliés par les neuf termes, les 36 cases du corps éditorial sont à zéro. Zéro « accessibility », zéro « accessibility tree », zéro « aria », zéro « screen reader », zéro « assistive », zéro « semantic », zéro « WCAG », zéro « alt text », zéro « landmark ». En comptant cette fois les menus de navigation en plus du corps, une seule de ces 36 cases cesse d'être nulle, et elle mérite d'être examinée.
Un zéro ne vaut rien sans témoin, parce qu'un zéro peut simplement signaler que j'ai récupéré la mauvaise page. Les témoins sont solides sur les mêmes fichiers :
Vocabulaire de l'accessibilite dans les documents
robots, page entiere, releve du 16 septembre 2026
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Document 9 termes temoin crawl content
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Google, fonctionnalites IA 0 20 25
OpenAI, robots et agents 0 11 7
Perplexity, robots 0 7 6
Anthropic, exploration 1* 20 17
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* unique occurrence : "screen reader", dans un lien
de menu lateral vers un article sur Claude Code
L'exception vaut d'être nommée précisément, parce qu'elle ne tient pas. La page d'Anthropic contient une fois « screen reader », et cette occurrence est un intitulé de navigation latérale, « Use Claude Code CLI with a screen reader », qui pointe vers un article sans rapport. Dans le corps éditorial, elle est à zéro comme les trois autres. C'est du mobilier d'interface, le même motif que j'avais rencontré en comptant le vocabulaire des Core Web Vitals dans ces mêmes documents.
Le résultat est donc une asymétrie propre, et c'est l'ossature de tout ce qui suit. Les documents qui décrivent la récupération des pages, celle qui alimente une citation, ignorent totalement l'accessibilité. Le seul document qui décrit la navigation par un agent en fait son modèle de données principal. Ce sont deux couches différentes, elles ne posent pas la même question, et confondre les deux produit les deux erreurs symétriques qu'on lit partout : « l'accessibilité n'a rien à voir avec le SEO » et « un site accessible est mieux référencé ».
Le score d'accessibilité ne départage rien
Tentation immédiate : si l'arbre d'accessibilité compte, les pages citées devraient être plus accessibles que les autres. J'ai passé au Lighthouse les pages des deux SERP, en lisant la note d'accessibilité et celle de la catégorie agents.
Notes Lighthouse 13.4.0, formFactor desktop
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Page rang access. agents
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accessibilite.numerique.gouv.fr 1, citee 1,00 0,83
numerique.gouv.fr 6, non citee 1,00 1,00
w3.org/WAI, intro accessibilite 2 0,93 1,00
userway.org 9 1,00 1,00
agencegeoparis.com hors SERP 1,00 0,94
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La mesure ne montre rien, et c'est un résultat. Quatre pages sur cinq sont à 1,00 en accessibilité : la note sature, donc elle ne peut pas expliquer une différence de citation. Pire pour l'hypothèse, la seule page classée que l'Aperçu IA ignore obtient 1,00 en accessibilité et 1,00 dans la catégorie agents, quand la page de rang 1 qui est citée plafonne à 0,83 côté agents. Sur ce corpus, l'ordre est inversé.
C'est exactement le motif que j'avais obtenu sur les Core Web Vitals, où les pages citées et non citées se tenaient à 0,7 point sur 100. Deux notes d'outil différentes, deux fois le même verdict : ces scores décrivent la qualité d'un rendu pour un utilisateur, et la citation se décide ailleurs. Un audit qui vous rend un 100 sur 100 ne vous rapproche d'aucune réponse générative.
Une anomalie mérite le détour. La page du W3C qui introduit l'accessibilité du web, rang 2 sur « accessibilité web », obtient 0,93 en accessibilité et 0,40 en SEO. Je l'ai rejouée pour ne pas publier un chiffre de passage : les deux notes sont revenues identiques au second essai. L'institution qui écrit les WCAG n'a pas 100 sur 100 à l'audit automatique de sa propre page d'introduction. Ce n'est pas un scandale, c'est la démonstration que la note est une approximation grossière, et que la seule conclusion raisonnable à en tirer est de ne pas s'en servir comme boussole.
Les 106 critères du RGAA, triés par ce qu'un moteur en lit
Reste la vraie question. J'ai récupéré la page officielle des critères et tests, vérifié qu'elle contient bien 106 critères répartis en 13 thématiques, et je les ai classés un par un selon une règle énoncée à l'avance, en trois classes :
Regle de classement, appliquee critere par critere
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A le critere fait EXISTER ou corrige du TEXTE que la
couche de recuperation aplatit et peut citer
B le critere change la STRUCTURE lue (roles, hierarchie,
associations, langue, reperes) sans ajouter de texte
C le critere ne change rien pour un moteur generatif
(rendu visuel, interaction, geste, temps, appareil)
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Le décompte est le suivant, et il est produit par script pour que les totaux ne dépendent pas de mon addition :
Les 106 criteres du RGAA 4.1 tries par effet machine
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Thematique RGAA A B C tot
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1. Images 6 2 1 9
2. Cadres 2 0 0 2
3. Couleurs 1 0 2 3
4. Multimedia 6 2 5 13
5. Tableaux 3 5 0 8
6. Liens 2 0 0 2
7. Scripts 1 1 3 5
8. Elements obligatoires 2 8 0 10
9. Structuration 0 4 0 4
10. Presentation 4 2 8 14
11. Formulaires 6 3 4 13
12. Navigation 0 4 7 11
13. Consultation 4 0 8 12
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TOTAL 37 31 38 106
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Trente-sept critères sur 106 font exister du texte qu'un moteur peut extraire et citer. Trente-et-un modifient la structure qu'il analyse sans rien ajouter de citable. Trente-huit ne lui font absolument rien. Soit 68 critères sur 106, 64 %, qui touchent quelque chose qu'une machine lit, et un bon tiers qui relève exclusivement du confort d'un utilisateur humain.
La répartition par thématique est plus instructive que le total. Cinq thématiques ne contiennent aucun critère de classe C : les cadres, les tableaux, les liens, les éléments obligatoires et la structuration de l'information. Ce sont, très exactement, les chapitres du RGAA qui décrivent comment le sens d'une page est encodé dans son balisage. Le titre de page des critères 8.5 et 8.6, l'intitulé de lien des critères 6.1 et 6.2, les en-têtes de tableau du 5.6, la hiérarchie de titres du 9.1 : chacun de ces objets est déjà, sur ce blog, le sujet d'un article entier, parce que chacun décide de ce qu'un moteur comprend d'un passage.
À l'autre bout, la navigation et la consultation concentrent les critères sans effet, 7 sur 11 et 8 sur 12. L'ordre de tabulation, les pièges au clavier, l'orientation de l'écran, les gestes complexes, les flashs lumineux : ce sont des obligations sérieuses, elles protègent des utilisateurs réels, et elles ne changent rien à ce qu'un robot récupère. La thématique Couleurs est presque entièrement dans ce cas, avec une exception qui compte beaucoup, le critère 3.1, qui interdit de donner une information par la seule couleur et force donc l'existence d'un équivalent textuel.
Deux réserves honnêtes sur ce tri. C'est un classement de jugement, pas une mesure : un autre analyste déplacerait légitimement quelques critères d'une classe à l'autre, en particulier dans les formulaires, où j'ai mis en B le critère 11.13 sur la finalité des champs et en C le 11.4 sur l'étiquette accolée. Et la frontière A/B est poreuse pour les tableaux, dont la linéarisation produit du texte dont l'ordre dépend de la structure. Le total à 37 doit donc se lire à quelques unités près. Ce qui ne bouge pas, en revanche, c'est la forme de la distribution : ni la totalité, ni une poignée, mais environ un tiers de texte, un tiers de structure, un tiers d'inutile pour la machine.
Sept pages passées à l'inventaire des noms accessibles
Le classement dit ce qui devrait compter. Restait à voir ce que les pages font vraiment. Google nomme comme premier contrôle « ensuring every interactive element has a programmatic name », donc j'ai mesuré exactement cela.
J'ai écrit une sonde qui s'exécute dans un navigateur réel et qui, pour chaque élément interactif visible d'une page, calcule son nom accessible selon la cascade simplifiée aria-labelledby, puis aria-label, puis l'étiquette associée, puis le texte propre, puis l'alternative d'image, puis value, puis title. Un élément qui ressort de cette cascade avec une chaîne vide est un élément qu'un agent voit comme un rôle sans signification. La sonde relève aussi le nombre de titres, les sauts de niveau, la présence des repères, et le rendement de texte de la page, c'est-à-dire le rapport entre les caractères lisibles et les octets de HTML servis.
Sonde du 16 septembre 2026, navigateur reel
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Page rend. inter- sans h1 main
actifs nom
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accessibilite.numerique.gouv.fr 10,8 % 24 0 1 1
dendreo.com 6,7 % 95 0 1 0
indexel.com 6,1 % 142 1 1 1
userway.org 3,7 % 240 0 1 1
payplug.com 3,4 % 185 1 1 1
deambul.fr 3,2 % 78 2 3 1
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agencegeoparis.com 34,8 % 76 0 1 1
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Le premier enseignement est rassurant et je ne l'attendais pas. Sur les six pages externes, 764 éléments interactifs et 4 sans nom accessible, soit 0,52 %. La bataille des libellés est très largement gagnée sur des pages éditoriales, comme je l'avais déjà constaté pour l'attribut alt en trouvant des alternatives partout et pertinentes nulle part. Le contrôle que Google place en premier est celui qui pose le moins de problèmes, au moins hors application métier.
Les quatre défauts sont néanmoins instructifs, parce que ceux dont j'ai noté l'emplacement sont tous dans le mobilier de page. Chez Payplug, page qui donne dix conseils d'accessibilité, l'élément sans nom est un champ de formulaire HubSpot. Chez Deambul, prestataire spécialisé en accessibilité, ce sont deux liens de navigation, et la page porte par ailleurs trois h1, ce que le critère 9.1 sanctionne. Chez Indexel, une image sur trente-six n'a pas d'attribut alt. Les trois défauts que j'ai localisés sont dans l'en-tête, le menu ou le pied de page, et non dans le corps de l'article ; pour l'image d'Indexel, je n'ai pas relevé l'emplacement.
Le second enseignement est le plus utile, et c'est celui que la note Lighthouse ne voit pas du tout. Le rendement de texte va de 3,2 % à 10,8 % sur les six pages externes, médiane 4,9 %, contre 34,8 % pour notre page d'accueil, soit sept fois la médiane. Autrement dit, sur une page comme celle d'UserWay, 430 929 octets de HTML rendent 15 766 caractères lisibles. Un moteur qui aplatit cette page jette 96 % de ce qu'il a téléchargé. C'est la même mécanique que j'avais mesurée sur les crawlers qui n'exécutent pas JavaScript, vue du côté du rendement plutôt que du côté de l'exécution.
Un dernier détail, savoureux et à ne pas surinterpréter. dendreo.com est citée par l'Aperçu IA sur « rgaa » sans figurer dans les six premiers résultats, et c'est la seule page du corpus qui n'a pas de repère main, ce que demande le critère 12.6. Le repère que Google nomme dans son contrôle d'intégrité de l'arbre est absent d'une page que Google cite. Sur une seule page, cela ne démontre rien, sinon que le lien entre conformité et citation est beaucoup plus lâche que le discours commercial du secteur ne le laisse croire.
Les trois contrôles que Google retient, traduits en critères RGAA
L'exercice le plus directement utile consiste à prendre les trois contrôles nommés par Google et à les faire correspondre aux critères du référentiel. La correspondance est étonnamment propre.
Names and labels, un nom programmatique sur chaque élément interactif, recouvre le 6.2 sur l'intitulé de lien, le 11.1 et le 11.2 sur l'étiquette de champ, le 11.9 sur l'intitulé de bouton, le 1.1 et le 1.3 sur l'alternative d'image quand l'image est cliquable, et le 2.1 sur le titre de cadre. Sept critères, et mon tri les classe tous les sept en A.
Tree integrity, des rôles et des relations parent-enfant valides, recouvre le 8.9 sur les balises détournées à des fins de présentation, le 9.1 sur la structuration par les titres, le 9.2 sur la cohérence du document, le 9.3 sur les listes, le 5.6 et le 5.7 sur l'association des cellules et des en-têtes, et le 12.6 sur les repères de zones. Sept critères, tous en classe B. Trois d'entre eux, les critères 9.1 à 9.3, viennent de la thématique Structuration de l'information, dont seul le quatrième critère, le 9.4 sur les citations, manque à l'appel.
Visibility, un contenu interactif qui n'est pas caché de l'arbre, recouvre le 10.8 sur les contenus cachés destinés à être ignorés et le 7.1 sur la compatibilité des scripts. C'est le contrôle le plus proche de ce que j'avais traité en distinguant l'accès et l'usage d'un extrait, et il travaille dans les deux sens : un contenu utile caché de l'arbre disparaît, un contenu décoratif laissé dans l'arbre pollue.
Seize critères, donc, pour la lecture que Google documente du côté des agents. C'est un sous-ensemble de mes 68, et huit d'entre eux sur seize, soit exactement la moitié, tombent dans les cinq thématiques qui ne contiennent aucun critère de classe C. Le référentiel écrit pour les humains contient bien, en son centre, la partie qui sert aux machines.
Ce qu'il faut faire, dans l'ordre
Voici comment je hiérarchise le chantier quand une équipe me demande par quoi commencer, sachant qu'une mise en conformité complète coûte cher et que l'obligation légale, elle, ne se négocie pas.
Commencez par les deux critères qui portent le titre de page. Le 8.5 et le 8.6 sont deux lignes du référentiel, et le titre reste le champ de texte au rendement le plus élevé de toute la page. Enchaînez avec les intitulés de liens, critères 6.1 et 6.2 : c'est le même geste que celui que je recommandais pour le maillage interne, et le test est identique, une ancre sortie de son contexte doit rester compréhensible.
Traitez la hiérarchie de titres comme de la structure de données. Pas comme de la mise en forme. Les critères 9.1 et 9.2 décident du découpage de votre page en passages, sujet que j'ai traité en détail sur les balises hn et le chunking. Trois h1 sur une page, comme chez Deambul, c'est trois candidats au titre du bloc et aucun gagnant.
Sortez le texte des images et des formats fermés. Le critère 1.8, qui demande de remplacer une image texte par du texte stylé, est le critère à plus fort effet de tout le référentiel pour un moteur, parce qu'il transforme des pixels en caractères. Le 13.3 et le 13.4, sur les documents bureautiques en téléchargement, prolongent ce que j'ai montré sur les PDF face aux moteurs IA.
Livrez les transcriptions. Les critères 4.1 à 4.4 imposent transcription et sous-titres. C'est une obligation d'accessibilité, et c'est aussi le seul moyen de rendre citable un contenu audio ou vidéo, ce que j'ai mesuré sur les transcriptions de podcast et sur le référencement YouTube.
Déclarez la langue, puis les repères. Le 8.3 et le 8.4 sur la langue par défaut valent plus qu'il n'y paraît, puisque j'ai montré que les robots d'IA n'envoient pas d'en-tête Accept-Language et se servent donc de ce que le document déclare. Le 12.6 sur les repères de zones vient ensuite, et le 12.7 sur le lien d'évitement avec lui.
Rangez les 38 critères de classe C dans le dossier de conformité, pas dans le plan GEO. Le contraste des couleurs, la visibilité du focus, le contrôle des animations, l'orientation de l'écran sont des obligations légales et des services rendus à des personnes. Les vendre comme un levier de visibilité générative serait exactement le genre de raccourci que je passe mon temps à démonter, au même titre que la densité de mots-clés.
Un mot sur ce que les modèles eux-mêmes répondent, parce que c'est une vérification utile. Interrogé sans recherche web sur le lien entre conformité RGAA et citation par les IA, ChatGPT répond « oui, mais surtout de façon indirecte », précise que « RGAA conforme n'est pas une garantie d'être mieux classé ou cité » et range « les IA privilégient les sites accessibles » parmi les faux raccourcis. Sa prudence est justifiée, et elle rejoint la mienne. Ce que ce tri ajoute à cette prudence, c'est un numéro de critère en face de chaque geste.
Notre propre page au même test
L'exercice n'aurait pas de valeur si je ne le retournais pas contre nous, comme je le fais dans chacun de ces articles.
La page d'accueil d'agencegeoparis.com obtient 1,00 en accessibilité, 0,94 dans la catégorie agents, 0,94 en performance et 1,00 en SEO. La sonde y trouve 76 éléments interactifs et aucun sans nom accessible, un seul h1, 39 titres, aucun saut de niveau, un repère main, un header, un footer, et un rendement de texte de 34,8 %, sept fois la médiane du corpus. Ce dernier chiffre vient du pré-rendu et de l'absence d'images décoratives, pas d'un talent particulier.
Deux défauts réels, que la note à 1,00 ne signale pas. La page ne contient aucun élément nav, alors que le critère 12.6 demande des repères de zones identifiables, et elle n'a pas de lien d'évitement, ce que demande le critère 12.7. Le premier défaut relève de la classe B de mon propre tri, donc de la structure que Google dit vérifier dans son contrôle d'intégrité de l'arbre. Autrement dit, j'ai publié le 14 septembre une recommandation sur l'arbre d'accessibilité en laissant un repère manquant sur ma propre page d'accueil. C'est corrigé dans la file, et le CLS à 0,125 également.
Ce que cet article n'établit pas
Ce relevé a trois limites qu'il faut nommer.
Le tri des 106 critères est un travail de jugement, pas une mesure. La règle est publiée et le classement est reproductible, mais un autre analyste déplacerait légitimement quelques critères d'une classe à l'autre. Les cas que je sais discutables : le 11.13 sur la finalité des champs, que j'ai mis en B alors qu'il ne produit aucun texte visible, le 11.4 sur l'étiquette accolée, que j'ai mis en C alors que la proximité influence l'ordre de lecture, et toute la frontière A/B des tableaux, dont la linéarisation produit du texte dont l'ordre dépend de la structure. Le total de 37 doit se lire à quelques unités près.
Le corpus de pages est petit et franco-centré. Sept pages sondées, dont six externes, sur deux SERP françaises. Le taux de 0,52 % d'éléments interactifs sans nom accessible vaut pour des pages éditoriales de ce type, et je ne l'étendrais pas à une application métier, un tunnel de commande ou un espace client, où les composants interactifs sont bien plus nombreux et souvent construits sans balise native.
Enfin, cet article ne démontre aucun lien de causalité entre conformité et citation, et il ne cherche pas à en établir un. Il montre l'inverse : la note d'accessibilité sature et ne départage rien, et la page citée par l'Aperçu IA est ici moins bien notée côté agents que la page ignorée. Le cas de dendreo.com, citée sans repère main, est une seule page et ne prouve rien à lui seul. Pour trancher la question, il faudrait un corpus de plusieurs centaines de pages et une mesure répétée dans le temps, seule méthode valable comme je l'ai expliqué à propos des tests avant-après en GEO.
Ce qu'il faut retenir
L'accessibilité numérique occupe une place inhabituelle dans ce blog. Tous les autres sujets que j'ai traités existent parce qu'un moteur les regarde. Celui-ci existe parce que la loi l'exige et parce que des gens en ont besoin pour utiliser le web, et la question générative n'est qu'un effet de bord.
Cet effet de bord se chiffre. Trente-sept des 106 critères font exister du texte qu'un moteur peut citer, trente-et-un organisent la structure qu'il analyse, trente-huit ne lui font rien. Seize critères correspondent aux trois contrôles que Google documente pour les agents, et la moitié d'entre eux tombe dans les cinq thématiques où aucun critère n'est inutile à la machine. Pendant ce temps, les quatre documents qui expliquent comment les robots d'IA récupèrent vos pages ne prononcent pas une seule fois le mot accessibilité, et la note automatique d'accessibilité sature à 1,00 sans départager une page citée d'une page ignorée.
La conclusion pratique tient en une phrase. Ne faites pas l'accessibilité pour être cité, faites-la parce qu'elle est obligatoire et juste, mais sachez que sur les 106 cases à cocher, il y en a 37 qui écrivent du texte dans votre page, et que celles-là, vous les cochez deux fois.
Chez Orbite, nous mesurons ce que les moteurs génératifs lisent réellement de vos pages, arbre d'accessibilité et noms programmatiques compris. Si vous voulez savoir ce que les vôtres exposent à un agent aujourd'hui : parlons de votre visibilité générative. Les termes employés ici sont définis dans le glossaire GEO.